|
| | Les mauvais souvenirs se cachent partout ... même au coin d'une rue. [PV Eden Mitchell] | |
| | Auteur | Message |
|---|
 | Sujet: Les mauvais souvenirs se cachent partout ... même au coin d'une rue. [PV Eden Mitchell] Lun 26 Juil - 18:28 | |
| « Les mauvais souvenirs se cachent partout... meme au coin d’une rue. » Eden Mitchell & Mélène Forbes Everstown. Un vieil adage dit que notre place est là où nous avons laissé notre cœur. Dans ce cas, il n’y a aucun doute : c’est bien ici que le mien est encré, c’est ici que je dois être et demeurer. Certes, tout a changé aux alentours, les bâtiments d’antan sont devenus cendres et sont aujourd’hui recouvert des nouveaux, mais je peux encore voir chaque chose à sa place. Là ou se tient le centre commercial, je peux encore apercevoir les quelques échoppes des marchands ambulants, les calèches progressant sur la route pavées, là où se trouve aujourd’hui une route large et bétonnée, ces quelques personnes assise à la terrasse d’un café, nous gratifiant d’un bonjour à chaque passage… Je ne peux me promener dans la ville sans en revoir la source, comme si je me trouvais face à un enfant dont je connaissais si bien la mère, et que je recroisais en lui ses traits, sans pour autant la reconnaître sur son visage. J’imagine que la force de l’habitude effacera ces images floues qui me reviennent, comme la preuve que je ne trouverai plus ici ce passé, cette même histoire que nous avions déjà vécue… Et c’était tant mieux, dans un sens ! Nous étions là pour nous reconstruire, comme les hommes avaient élevés ici une ville nouvelle. A son image, je tentais de trouver en ces lieux non pas celle que j’étais par le passé, mais celle que je voulais devenir. Ce soir là, je luttais encore difficilement contre ces flashes, tentant plutôt de me concentrer sur chaque visage que je croisais. Chaque jour un peu plus, je cherche à rassemblé toutes les pièces de ce puzzle qui, autrefois, m’avait rendue heureuse comme rien n’avait su le faire. Depuis notre retour, j’avais appris que beaucoup d’anciens étaient eux aussi revenu sur leur pas, comme si quelque chose nous rattachaient tous ici, sans doute était-ce le souvenir d’une paix lointaine, pour d’autre le secret dévoilé, ou encore d’anciennes amitiés. Bien souvent, scrutant ces visages, je ne croisais que des humains qui ne m’évoquaient rien. J’avais déjà eus la forte intuition de me trouver face à un vampire, sans en avoir la preuve. J’attendais encore mes anciens amis, avec le sentiment que peut-être, ils se cachaient eux-mêmes d’anciens ennemis. C’est peut-être, d’ailleurs, ce que j’aurais du faire, ce soir là… Déambulant à mon habitude dans les rues de la ville, j’arrivais même à en oublier chaque différance avec ce que j’avais longtemps connu. Lasse, je décidai de reprendre le chemin de la maison, lorsque je croisai un regard m’étant légèrement familier, au loin. Les yeux d’acier de cette jeune femme aux airs de déjà vu se posèrent sur moi, me déstabilisant par leur clarté. Posé sur un visage d’une pâleur typiquement vampirique et entouré de longues mèches d’un roux flamboyant, ces yeux ne se détachèrent pas des miens, au fur et à mesure que cette intrigante jeune femme arrivait à ma hauteur. Elle semblait, elle aussi, avoir cette vague impression de m’avoir déjà entrevue. Quelque chose émanait d’elle, provoquant en moi un pressentiment que je n’aurai su définir, qui, si je n’avais pas été si curieuse, m’aurait poussé à rebrousser chemin pour éviter les ennuis. Alors qu’elle se trouvait à quelques mètres de moi, elle disparut brusquement vers la gauche, s’engouffrant dans une ruelle sombre. Que se passa-t-il dans ma tête, en ce moment précis ? Je n’aurai su moi-même définir cette poussée de témérité qui me fit avancer vers cette rue, assez adjacente à la ville pour que quiconque puisse y pénétrer, mais néanmoins assez éloignée pour qu’on ne puisse en voir le fond lors des soirs sombres comme celui-ci… En résumé, il s’agissait de l’endroit parfait, en tant que vampire du moins, pour commettre un meurtre qui passerait inaperçu. Je fendis alors la foule, écartant les gens au passage, m’approchant de la ruelle dans laquelle je m’engouffrai, comme l’avait fait quelques secondes plus tôt l’intrigante inconnue… qui ne me semblait pas l’être tant que ça, d’ailleurs. Ce cul de sac sombre n’était éclairé que rarement, par les phares d’une voiture passant dans la rue grouillant de gens, à quelques mètres à peine de cet endroit désert. Plissant les yeux, je pu apercevoir, dans la pénombre, deux silhouette au loin. M’approchant à vitesse vampirique, je distinguai maintenant les cheveux flamboyant de celle que je suivais… tenant fermement le corps d’un homme contre le mur, qui, malgré toutes les forces qu’il mettait à essayer de se débattre, était incapable de bouger d’un centimètre. Il n’y avait plus un doute : je me trouvais bien en face d’une vampiresse. Elle ne tarda d’ailleurs pas à se rendre compte de ma présence, et se détourna brusquement de sa victime, pour me lancer un regard… assassin. La ruelle fut un instant éclairée et je pu détailler ses traits, déformés par l’appel du sang. Ses crocs tranchant reflétaient la lumière des phares, alors qu’ils étaient près à s’enfoncer dans la chaire de l’humain. Des cernes foncées soulignaient ses yeux, maintenant d’une couleur noisette indiquant sa soif, n’étant toujours pas étanchée… C’est à cet instant que la certitude s’empara de moi : ce visage dévoré par la soif de tuer, la fureur d’être dérangé se dessinant sur chaque courbe… J’avais déjà croisé cette image auparavant ! |
|  | |
 | Sujet: Re: Les mauvais souvenirs se cachent partout ... même au coin d'une rue. [PV Eden Mitchell] Dim 1 Aoû - 15:41 | |
| Une soirée comme toutes les autres... Depuis qu'Eden était arrivée à Everstown, elle avait l'impression que rien ne se passait dans sa vie. Du moins, rien de bien trépidant. Finalement, il se pourrait bien que Samroun lui manque plus que de raison ! Et ne parlons même pas de Jezekaël. Mais mieux valait pour elle et son bien être qu'elle n'y pense pas trop. Il pourrait lui venir de très violentes envies si tel était le cas et l'absence de mâle à son goût dans les environs ne pouvait qu'envenimer les choses... Ce soir-là, allongée dans son sofa, croquant quelques grains de raisin sans aucun goût pour elle, elle s'ennuyait. Oui, elle avait faim mais une grand flemme l'avait envahie, faisant qu'elle n'avait pas envie de chasser. Elle savait pourtant qu'elle n'aurait pas le choix, sous peu la faim serait devenue trop violente pour être supportable. Il parait que certains vampires arrivent à avoir ce qu'on pourrait appeler des goules : des humains qui laissent le vampire boire leur sang mais ce dernier ne les consume pas entièrement, pouvant ainsi s'en resservir. Ce serait certes très pratique mais probablement impossible à avoir pour Eden ! Elle était plutôt du genre à ne pas en laisser une goutte alors si en plus l'humain est volontaire, pourquoi se priver ?
Une heure durant, notre belle rousse ne fit rien, attendant que la faim soit trop grande pour ne plus pouvoir y résister. Quand enfin se fut le cas, elle se leva et s'habilla d'une de ces tenues de camouflage qu'elle aimait tant. Quoi de mieux qu'une apparence qui n'est pas vraiment votre pour approcher les gens sans qu'ils ne se méfient ? Elle opta donc pour ce qu'elle préférait en ce moment : la tenue de "Madame Irma" ! Une robe d'un violet foncé tirant sur le pourpre composée d'un long bas évasé et d'un haut en forme de bustier. Elle lissa ses cheveux et les agrémenta d'un fichu accordé à sa robe. Elle se para de colliers clinquant digne de la plus grande diseuse de bonnes aventures et se maquilla de façon excessive. Elle était fin prête, toutes ses formes en valeurs ! Bien entendu, avant de quitter son logement de fortune, elle n'oublia pas de se munir de sa boule de cristal.
Enfin en route, Eden sut très vite où elle devait se rendre. Depuis qu'elle avait élu domicile à Everstown, la belle avait eu le temps de s'intéresser aux passes-temps favoris des humains et le soir, il y avait certains quartiers qui étaient plus peuplés que d'autres. C'est ainsi donc que ses pas la menèrent dans le deuxième arrondissement. Elle ne s'était pas trompée, de nombreux passant étaient là ; ne restait plus qu'à cueillir celui qui lui semblerait le plus appétissant... Et alors que son regard se posa sur une proie qui lui semblait parfaite, s'apprêtant à fondre sur lui comme un aigle royal en chasse, ses yeux croisèrent ceux d'une jeune femme. Elles n'étaient pas proches mais suffisamment pour qu'Eden ressente la nature profonde de cette personne. Nul n'est bon vampire s'il ne reconnait pas ses semblables dans la foule ! Leur échange visuel sembla durer une éternité mais il ne fut en réalité que de quelques secondes. Secondes durant lesquelles Eden sembla être envahie par des souvenirs mais elles ne leur laissait pas la porte ouverte. Ainsi, elle avait le sentiment de connaitre cette personne sans en être réellement certaine. Ne voulant pas perdre le cours et encore moins perdre son dîner, elle se reconcentra sur celui-ci qui commençait à un peu trop s'éloigner. Par chance, il choisit une ruelle sombre pour poursuivre sa route ! Les humains sont si crédules parfois... Entrant dans la ruelle à sa suite, Eden espérait ne pas être suivie par cette autre vampire ; hors de question qu'elle partage sa proie avec quiconque ! Elle s'empressa donc de héler l'homme qu'elle avait choisit afin qu'il se s'éloigne pas trop d'elle :
- Hey ! Bien entendu, entendant une voix féminine, il se retourna. Ce n'était qu'un homme après tout ! Cela vous tenterait-il que je vous prédise votre avenir ?
L'homme sembla d'abord dubitatif puis blasé.
- Désolée mignonne, je ne crois pas à ces choses là !
Un sourire en coin, un brin sadique sur le visage, Eden répondit d'une voix plus basse :
- Pourtant vous devriez ! Ma boule de cristal a prédit votre mort pour cette nuit...
Ses yeux avaient changé, prenant une couleur plus foncée, tendant petit à petit vers le rouge sang mais encore bruns pour le moment. La faim était là,l'envie de faire du mal aussi... Et l'air blasé de l'homme ne faisait qu'augmenter l'envie de tuer. Ce n'est que lorsqu'il croisa son regard qu'il commença à paniquer et voulu s'enfuir. Mais bien entendu, Eden était plus rapide que lui et elle fondit sur sa proie à une vitesse inégalable, le plaquant contre le mur pour l'empêcher de bouger. Il se débattait bien sûr mais comment lutter contre cette emprise là ? Toutes crocs sorties, la rouquine s'apprêtait à les planter dans le cou de son dîner lorsqu'elle sentit une présence néfaste tout prêt. Tournant lentement la tête sans relâcher son emprise, elle remarqua que la vampiresse blonde se tenait là, l'observant. Une vague de colère monta en elle... Comment un de ses congénères pouvait oser la déranger en plein repas et rester plantée là sans rien dire ? Poussant un profond soupire, la belle envoya valser l'humain un peu plus loin et celui-ci atterri au milieu des poubelles, se cognant la tête à une petite pierre qui trainait là. Il se retrouva inconscient pour un moment. Énervée, Eden marcha rapidement vers l'autre vampire jusqu'à se retrouver face à elle. Elle prit le soin de ne pas la toucher au risque de déclencher les hostilités trop rapidement. N'élevant pas trop le ton pour ne pas attirer les passants gênants, elle était tout de même sèche dans ses propos :
- Je peux savoir ce qui vous prend de venir me déranger ainsi ?
Aussi prêt de cette jeune blonde, son impression de déjà vu se fit plus forte, comme si elle revivait une scène du passé dont elle aurait tout oublié... C'était des plus étrange et presque déroutant... |
|  | |
 | Sujet: Re: Les mauvais souvenirs se cachent partout ... même au coin d'une rue. [PV Eden Mitchell] Mer 11 Aoû - 10:03 | |
| HJ : Désolée  Lorsque ses yeux croisèrent les miens, un éclat de fureur se dessina dans ses pupilles. Elle se débarrassa alors de sa proie, jetant l’humain dans l’autre coin de la rue, où il tomba inconscient. Elle s’approcha alors de moi d’un pas décidé, alors que je tentais de remettre mes souvenirs en place. Il n’était pas rare, pour un vampire, surtout d’un certain âge, d’avoir des impressions de déjà-vu. Il était déjà arrivé que certain visages ou gestes me semblent familier, surement était-ce du au fait que les ressemblances entre humains ne sont pas rares, et que les actes de leur vie de tout les jours sont souvent similaire… Mais, d’ici là, je n’avais jamais eus une impression aussi forte qu’elle s’apparentait à une certitude. Il est vrai que les points communs, entre vampires, ne sont pas rares non plus, mais les vampiresses rousses déguisées en diseuses de bonne aventures ne se croisent certainement pas à tout les coins de rues, et encore moins se transformant en traqueur prêt à tout pour tuer.
Je peux savoir ce qui vous prend de venir me déranger ainsi ? Dit-elle, une fois qu’elle fut à ma hauteur.
Je me positionnai légèrement en posture d’attaque, anticipant un possible coup de la vampiresse. La soif de sang avait le don de nous rendre plus agressif et, aveuglé, nous devenions incontrôlables. Je me préparais à l’éventualité d’une attaque, pour protéger sa proie ou simplement par pure vengeance du dérangement. Cette situation me semblait étrangement familière, alors qu’elle était pourtant singulière… Peut-être avait-elle, elle aussi, cette impression persistante d’avoir déjà vécu cette situation… C’est pourquoi je décidai à lui en faire part, veillant néanmoins à mes propos. Un vampire dans cet état pouvait être tellement agressif et susceptible…
Une impression de déjà vu, lui dis-je d’un ton néanmoins calme, l’interrogeant du regard.
Pourtant, il s’agissait là de bien plus qu’une simple impression, j’étais presque certaine de l’avoir déjà rencontrée…. c’était comme si chaque secondes présageait la seconde suivante, comme si rien n’était laissé au hasard. Je me sentais dans la peau d’un acteur qui rejouait une même pièce, étudiée et rejouée quelques fois… Pourtant, je ne retrouvai rien dans ces images floues me servant de souvenir qui ressemblait un temps soit peu à cette étrange situation… Ou bien l’avais-je vécue dans les premières années de ma vie de vampires, celle qui avaient été partiellement effacée de mon esprit… Je détaillai son visage et ses traits fendu par la soif, fouillant dans ma mémoire… Lorsque, soudain, une odeur à la fois fruitée et acre se fit sentir, une odeur que n’importe quel vampire reconnaissait et à laquelle il était si dur de résister, car elle ravivait la brulure et la sécheresse présente en permanence au creux de notre cou, telle une plaie ouverte au fond de notre gorge. Du sang se déversait sur le sol, à quelque mètre à peine, provenant du crâne ouvert de l’humain, heurté par une pierre lors de son choc au sol. Nous nous retournâmes d’un même geste, observant la lumière de la ville se reflétant dans le liquide foncé s’épanchant au sol. L’odeur irrésistible du sang m’arriva violemment au visage, réveillant en moi cet instinct animal si facile à contrôler lorsque ce liquide si attirant ne faisait que circuler dans les veines d’un passant, mais non plus lorsqu’il s’étendait sur le sol, si proche et encore chaud… Cette incontrôlable envie de sang s’empara de moi, et prit l’emprise même de mon corps, me poussant à ma jeter sur une proie déjà prise et à repousser violement cette étrange vampiresse. Cette soif était d’autant plus forte que je n’avais plus senti ce liquide chaud coulé dans ma gorge depuis déjà quelques long jours… J’étais pourtant certaine que mes actes me placeraient dans une position périlleuse, de celle que tout vampire souhaitait éviter, mais j’avais perdu le contrôle même de mon corps. La soif et la colère me transformaient, réduisant au silence la part d’humanité prenant le dessus en temps normal, ainsi que tous autres sentiments ou pressentiments qui m’auraient poussé à rebrousser chemin pour ne pas risquer les colères de la belle, que j’aurais pourtant peut-être du suivre… Déjà, de puissants crocs s’échappèrent de ma mâchoire, fendant mon sourire en un rictus mauvais. Mes yeux, dont la couleur avait subitement foncé, se soulignèrent de profondes cernes grises. Je ne pris pas le temps de toiser l’autre vampiresses que, déjà, mes crocs étaient prêts à s’abattre sur le corps gisant au sol…
Dernière édition par Mélène Forbes le Dim 22 Aoû - 12:50, édité 1 fois |
|  | |
 | Sujet: Re: Les mauvais souvenirs se cachent partout ... même au coin d'une rue. [PV Eden Mitchell] Sam 14 Aoû - 13:51 | |
| Visiblement, Eden n'était pas la seule à avoir eu cette impression de déjà vu mais alors, si elles étaient deux à l'avoir ressentit, peut-être était-ce bien plus que ça. Au delà d'une simple impression, cela pourrait peut-être être un souvenir réel. Mais de quelle ville ? Pour que la rouquine ne s'en rappelle pas, cela devait remonter à une bonne paire d'année. Oui, les vampires ont de la mémoire mais passé les cinq cent ans, il est normal d'oublier certaines parcelles de son passé... Et encore plus quand il y en a certaines qu'on se force à oublier.
Le ton calme de la demoiselle, car elle ne semblait être rien de plus que ça, exaspéra davantage Eden qui ne supportait pas les gens si calmes face à son agressivité presque naturelle. Le visage de sa congénère était bien trop posé et détendu pour être honnête ; nul vampire ne peut-être aussi angélique que l'apparence qu'elle laisse paraitre. Cela cacherait-il une furie ? Ou était-elle vraiment de nature calme ? Tout à ses réflexions, la belle se redressa face à la blonde. Elle la dépassait de quelques centimètres mais ne se sentait pas supérieure pour autant. Avec le temps, on apprend à ne pas se fier aux apparences...
- Je n'aurais pas dit mieux ! conclu-t-elle finalement.
Après tout, que dire de plus ; elle ne comptait pas refaire le monde avec cette vampire dont elle ne connaissait finalement rien. Ce n'était pas une simple impression de déjà vu qui allait y changer quelque chose ! Eden savait que les sentiments et émotions étaient parfois décuplés chez un vampire affamé et vu que c'était son cas, il se pouvait très bien que son impression de souvenir soit plus forte que de raison... La vampiresse ne put dire si son interlocutrice allait répondre quelque chose ou non mais elles furent en tout cas toutes deux troublées par la même chose : l'odeur du sang frais, tout prêt, oppressante, obsédante... Elles se retournèrent d'un même mouvement vers le diner d'Eden qui gisait là. La rouquine vit la tâche bordeaux s'épandre sur le sol et par réflexe, elle tourna la tête rapidement vers l'autre vampire mais c'était déjà trop tard, elle se jetait sur la proie... Sur SA proie. C'était une chose inacceptable et qu'elle ne laisserait passer pour rien au monde ! Autant partager un repas avec Jezekael, qu'elle aimait tant, était possible mais partager une proie aussi durement attrapée avec une inconnue qui se croit supérieure, c'était du domaine de l'impossible... Ses crocs sortirent aussi soudainement que l'autre avait bondi et un râle grave et animal s'échappa de la gorge de la belle. Ses yeux n'étaient plus seulement bruns, ils avaient une teinte rouge des plus terrifiante pour tout être normalement constitué. L'autre ne se contentait pas de seulement humer le sang chaud, elle sortait les canines pour voler cet humain qui n'était clairement pas à elle. Il ne fallut pas plus longtemps à Eden pour retrouver son instinct animal et mauvais. En un quart de seconde, elle bondissait sur l'autre vampire, l'éloignant d'un bon mètre de l'humain. Un nouveau râle lui échappa ; elle était en position d'attaque, l'humain derrière elle, elle faisait face à celle qui serait désormais son adversaire. Son regard dur la fixait, prête à bondir. Elle lui arracherait la tête si elle le pouvait. De longues minutes semblèrent s'écouler alors qu'aucune des deux ne bougeaient. Eden se décida enfin à ouvrir la bouche :
- De quel droit me voles-tu mon repas ? Serais-tu donc incapable de chasser pour te résoudre à piller les proies des autres ?
Les paroles de la belle étaient comme des lames tant elle était cru dans le ton employé. Si l'autre n'avait toujours pas compris qu'elle venait de faire une grave erreur, elle le saurait sous peu... Eden avait vécu bien trop de choses pour se laisser effrayer par un vampire seul ; surtout un vampire paraissait si frêle que celui lui faisant face. Après tout, elle avait dû se frotter aux jumeaux célestes dans son passé et elle s'en était sortit ! La peur était un sentiment qu'elle ne connaissait plus ; plus depuis qu'elle l'avait quitté, lui... Ses yeux injectés de sang toujours plantés dans ceux de la blonde, elle attendait une réaction quelconque... |
|  | |
 | Sujet: Re: Les mauvais souvenirs se cachent partout ... même au coin d'une rue. [PV Eden Mitchell] Dim 22 Aoû - 13:00 | |
| La vampiresse laissa échapper un feulement animal, qui, à lui seul, laissait présager le reste de la scène. Ses gestes me paraissaient si prévisibles que j’étais moi-même étonnée de ne pas tenter de les contrer. Elle se jeta sur moi, m’expulsant à un bon mètre de là. Nous nous redressâmes aussitôt en position d’attaque, elle, protégeant son repas d’un air menaçant, et moi, mes gestes même contrôlé par l’envie de ce liquide qui s’épanchait sur le sol. Obsédant, ce sang qui glissait au sol éveillait en moi cette voix qui me hurlait de me battre, de me débarrasser de l’autre et d’arrêter ce véritable gâchis. Mais un murmure au fond de moi ne se taisait pas, me répétant sans cesse de rebrousser chemin, de ne même pas tenter de commettre ce vol inacceptable. Un conflit s’éveillait en mon être, entre cette part douce d’humanité et cette violence animal qui, aussi bien l’une que l’autre, me semblait n’avoir ni tord, ni raison. Je tentai de les départager, de faire le choix le plus judicieux étant donné la situation. Mais mon esprit était comme embrumé, j’étais perdue dans une fumée grisâtre, mes pensées s’y perdant et ce choix devenant soudain comme impossible. Je restai figée quelques minutes, incapable de ne pas humer l’arôme qui m’emplissait les narines, et incapable de me résigner à y gouter. Mon contrôle de moi-même et ma détermination, faisant en général partie des principaux traits de mon caractère, restaient néanmoins présent, bien que forcé au silence. J’avais beau haïr ce comportement animal qui prenait si facilement le dessus, mes pensées restaient fixées sur cette partie de mon être, ressentant même un plaisir malsain à l’idée de tuer, de commettre un acte qu’aucun ne pardonnerait.
De quel droit me voles-tu mon repas ? Dit-elle, brisant le silence et l’immobilité qui durait depuis quelques minutes déjà. Serais-tu donc incapable de chasser pour te résoudre à piller les proies des autres ?
Son ton était glacial et tranchant, chaque mot était destiné à créer une plaie ouverte dans mon égo. Mais il n’en était rien. Elle n’arrivait qu’à éveiller ma colère, à déclencher une fureur telle qu’on aurait pu la comparer à une irruption volcanique. Ce n’était plus ce sang mort qui coulait dans mes veines mais bel et bien la lave chaude, brulante qui éveillait chaque partie de mon corps, procurant à mes muscles une énergie nouvelle.
Si tu ne veux pas qu’un vampire assoiffé te vole ta proie, ne lui offre pas son sang comme appât, lui retoquai-je, usant de ma dernière once de calme pour utiliser la parole plutôt que les coups.
Je plantai mon regard dans ses yeux injectés de sang, me concentrant sur ses possibles répliques à mes gestes, me décidant alors à bondir sur la vampiresse. Un combat se déclencha alors, dans le silence et la rapidité qu’on connaît aux vampires, mais néanmoins emprunt d’une violence animal, guidée par cet état sauvage qui métrisait nos actes. Chacune évitait judicieusement les coups de l’autre, tandis que, parfois, une morsure ouvrait ma chaire, un coup bien placé déchirait la sienne. Le combat qui me déchirait quelques minutes plutôt était bel et bien fini. Le vampire, le prédateur qui vivait en moi avait momentanément écrasé l’humanité sage qui sommeillait. Cette partie de moi-même défendait mes actes comme s’ils étaient tout à fait justifiés, répétant sans cesse qu’à la place de la vampiresse, j’aurais laissé primer le partage. Ce qui n’était vraisemblablement qu’un tissu de mensonge. Soudain, alors que je venais de bondir sur l’autre et de la propulser sur le mur d’en face, un murmure s’éleva dans un coin de ma tête. Cette voix, devenant de plus en plus forte, résonnait dans mon esprit, se heurtant à chaque partie de mon cerveau, réveillant en moi quelque chose de nouveau, qui semblait pourtant si ancien…
****
Comment oses-tu te permettre te voler ainsi ma proie ? Avait hurlé cette même voix d’un ton tranchant.
Des images floues me sautèrent au visage. La cime des arbres au dessus de ma tête, une flaque de sang s’épanchant au sol, souillant de son rouge foncé l’herbe verte, des yeux injecté de sang et soutenu par de lourdes cernes qui se posaient sur moi. Cette voix, si forte et agressive… Elle s’était échappée de mes lèvres. Il s’agissait de la mienne. Je faisais face à mon adversaire, dont le visage si pâle, cerné d’une crinière d’un roux flamboyant, était fendu d’un large rictus qui laissait apparaître des crocs tranchant, symbole même de la folie animal qui dominait un être assoiffé, un vampire appâté par le sang frai. Toutes deux en position d’attaque, nous nous faisions face, prête à bondir au moindre geste de l’autre. Dans mon souvenir, ce même combat débuta soudain, étant pourtant l’inverse de la situation se déroulant réellement. C’était maintenant moi, protégeant mon repas d’un air menaçant, et elle, ses gestes même contrôlé par l’envie de ce liquide qui s’épanchait sur le sol, bien des siècles auparavant… |
|  | | | | Les mauvais souvenirs se cachent partout ... même au coin d'une rue. [PV Eden Mitchell] | |
|
Sujets similaires |  |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |